Pour définir le harcèlement scolaire il faut la combinaison de trois facteurs :
Domination rapport de force il y a souvent plusieurs victimes
Répétition agression pendant une longue durée
Isolement incapacité à se défendre => cercle vicieux
Dans le cas du cyber-harcèlement la victime subit H/24 alors que dans le harcèlement scolaire l'agression ne réside que dans la sphère scolaire.
On dénombre des conséquences sur la santé mentale, émotionnel, physique et psychique. Les conséquences psychiques sont plus graves car elles ne se voient pas et sont beaucoup plus ancrées profondément.
Le harcèlement se fonde sur le rejet de la différence / stigmatisation :
- Apparence physique.
- Sexe, identité, orientation sexuelle.
- Handicaps.
- Centres d'intérêts
- Appartenance à un groupe social différent.
- Fragilités
En tant qu'adulte, la perception de la différence n'est pas la même que chez l'adolescent.
Quelques chiffres : Étude de novembre 2023 sur 21700 élèves du CE2 à la terminale
- 3 % des écoliers disent avoir subi 8 atteintes ou plus (attention cela signifie qu'il peut y avoir 50 à 60 % qui ont subi deux ou trois atteintes)
- 5 % des collégiens disent avoir subi 5 atteintes ou plus
- 3 % des lycéens disent avoir subi 5 atteintes ou plus
- 5 % des élèves du CE2 au CM2 sont touchés.
- 6 % des collégiens
- 4 % des lycéens.
Depuis le 2 mars 2022, la loi reconnait le harcèlement scolaire comme un délit.
Selon son âge et l'âge de sa victime, un enfant risque entre 3 ans d'emprisonnement et 45000 € d'amende. Cela peut aller jusqu’à 10 ans d'emprisonnement et 150000 € d'amende si la victime se suicide.
Dans le cas de cyber-harcèlement : Si l'auteur est majeur il risque 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. S'il est mineur de plus de 13 ans et sa victime a au moins 15 ans, il risque 12 mois d'emprisonnement et 7500 € d'amende. S'il est mineur de plus de 13 ans et sa victime a moins de 15 ans il risque 18 mois de prison et 7500 € d'amende.
Il existe trois types de harcèlement :
Le harcèlement physique = actions destinées à faire peur
- Coups de pied - Pousser
- Gifles - Secousses
- Tapes - Attaques
- Bousculades
Harcèlement psychologique = obliger l'enfant à faire des choses
- Humiliations - Fausses rumeurs
- Insultes - Messages téléphoniques
- Surnoms - Langage sexuel indécent
- Dépréciations
Cyber-harcèlement = Flots d'images, critiques, humiliations sans interruption
Les acteurs du harcèlement
Les caractéristiques de l'auteur :
- Manque d'empathie => ne se sent jamais coupable.
- Besoin de domination / contrôler ses pairs => renforce son autorité / son statut social
- Impulsivité.
- Problème de comportement il y a souvent des antécédents
- Forte influence des pairs => besoin de se sentir reconnu
- Parfois manque de supervision parentale => manque de cadre / parents absents
- Exposition à la violence => à la maison, TV, jeux vidéo pas adaptés à son âge...
Le cerveau de l'enfant n'est pas assez mature pour faire la différence entre réalité et fiction.
- Faible estime de soi => utilise le harcèlement pour contrer son manque / compenser son propre mal-être. Ils ont souvent la peur comme principale émotion le harcèlement est leur stratégie [Il existe trois stratégies pour lutter contre la peur : la lutte, la fuite, la sidération]
- Ils sont souvent victimes eux-mêmes où l'ont été soit à l'école soit à la maison
Les caractéristiques de la victime
- Faible estime de soi « je le mérite »
- Isolement social
- Différence physique et comportementale (obésité, handicap, TDAH non diagnostiqué)
Ils peuvent être déjà porteur de symptômes de dépression comme des troubles du sommeil qui font baisser les performances et ils s'isolent eux-mêmes
- Parfois certains maux physiques (ventre, tête) les font percevoir par les autres comme plus fragiles
Les caractéristiques des témoins
- Les outsiders = Ils observent sans interagir car ils ont peur que le harcèlement se décale sur eux, et ne se positionnent pas
- Les supporters = Ils encouragent indirectement le harcèlement, ils ont un manque d'empathie qui fait qu’ils ne perçoivent pas la situation. Ils sont motivés par les pairs et ont eux-mêmes un besoin de reconnaissance en faisant partie du groupe
- Les défenseurs = Ils sont empathiques et ont un grand sens de la justice. Ils adoptent un comportement visant à contrer l’harceleur. Leurs compétences sociales leur permettent de prendre de la hauteur sur la situation.
Les conséquences à court terme
- Isolement relationnel : + la victime se sent isolée, + le harceleur a de l'emprise c'est un cercle vicieux
- Indisponibilité psychique : le stress bloque le cortex préfrontal de l'enfant qui n'a plus ce qu'il faut émotionnellement pour être et rester dans l'apprentissage (prise de recul, mémorisation...)
- Sentiment d'abandon si les adultes n'ont pas pris en compte ses plaintes
Les conséquences à moyen terme
- Troubles anxio-dépressifs l'énergie est tellement focalisée à apaiser l'amygdale du cerveau qui alerte sur le stress, que l'enfant est démuni
- Échec scolaire
- Désespoir
Les conséquences à long terme
- Conduites addictives
- Vulnérabilité émotionnelle
- Tentative de suicide
En cas de stress le cortisol est tout le temps libéré et détruit les neurones, d'où la gestion des émotions perturbées. C'est pour ça que la prise de substances à cet âge est catastrophique sur le développement du cerveau.
Les victimes doivent être traités comme un SPT : syndrome post-traumatique
- Reviviscences = cauchemars, revivre les scènes, flashbacks
- Altérations cognitives et émotionnelles = émotions désagréables en surnombre (peur, stress...)
- Hyperactivité du système nerveux (irritabilité, colère, sursaute)
- Évitement : des personnes, des lieux => d'où l'isolement
Pourquoi l'enfant se tait
- Il a honte de ce qu'il est, de l'image qu'il renvoie
- Il culpabilise de ne pas savoir se défendre
- Il est persuadé qu'il est responsable
- Il a peur que les parents ne le croient pas, qu'il exagère
- Il a peur que si les parents s'en mêlent ça va s'envenimer
- Les adultes doivent faire attention aux réflexions du type « des amis tu t'en feras d'autres » ; « t'as qu'à mieux te défendre » ; « c’est des gamineries de cours d'école n'y prête pas attention »
Le rôle des parents et de libérer la parole, lui expliquer qu'il ne sera pas jugé et que les parents sont là pour le protéger
Le cyber-harcèlement intervient souvent quand les parents s'en mêlent (le harceleur se rassure souvent par peur que ça lui arrive lui-même).
Quoi faire en tant que parent
1. Créer un espace sur et sécure (le retirer de l'école si besoin)
2. L'amener à pratiquer des stratégies de gestion du stress et de l'anxiété
3. Lui permettre la conscience et la valorisation de son individualité => augmenter son estime de soi
4. L'aider à exprimer ses émotions
Ce qu'il faut éviter
1. Ne rien faire sans l'accord de l'enfant
2. Contacter les parents de l’harceleur mais pas par le biais des réseaux sociaux sinon ça renforce le statut de victime « il n'est pas capable de se défendre seul, il a besoin de papa maman »
3. Ne pas banaliser
4. Ne pas surréagir « ça n'a jamais tué personne » alors que si ça tue puisque certains vont jusqu'au suicident
5. Ne pas attendre que ça passe tout seul
6. Ne pas avoir une confiance absolue en l'école pour régler le problème
Comment quitter le triangle
- Aider la victime à accepter sa vulnérabilité
- Aider l'auteur dans son rôle d'affirmation de soi (= contrer la colère)
- Aider le témoin dans son rôle d'empathie / souci de l'autre
- Aider l'enfant à se défendre seul
- « Tu es gros » Ok mais moi je peux maigrir par contre ta bêtise on peut rien y faire
- « Tu es nul » Je suis peut-être nul mais toi tu sers à quoi à part faire des embrouilles aux autres
- « Tu es moche » Ok mais toi c'est de l'intérieur que tu es moche
Derniers conseils aux parents
- Communiquer
- Rester vigilant au changement de comportement
- Ne pas minimiser « non ce n'est pas qu'une moquerie »
- Montrer l'exemple en adoptant un comportement non violent
- Aider l'enfant à prendre position
- Rassurer, lui dire qu'il peut toujours compter sur vous

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